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Le Livre du Mois

JO WHITE N°3: Viol au-dessus de la Khmer rouge

par Alpha

Une lumière diffuse et humide éclaire une forêt de bambous et de plantes exotiques au travers desquels serpente une petite allée de terre battue.
Le vietnamien s’y engage et fait signe à Richard de l’accompagner. Le chemin contourne un bosquet truffé d’orchidées pour déboucher sur une petite place à côté de laquelle se dresse une hutte en canisses.
Attachée à quatre anneaux scellés dans le sol, une superbe eurasienne essaye vainement de se libérer en poussant des gémissements plaintifs. Ses habits légers sont en partie déchirés et maculés par la terre. Elle a la quarantaine pulpeuse et une sensualité trouble émane de sa personne. En se tordant sur ses liens, un sein, petit mais plein, s’échappe de sa chemise. L’érotisme sauvage qui baigne la serre trouble Richard.
-“Toi violer elle!” Ngoc-ly ne plaisante pas. Ses yeux sont presque refermés et il contemple la scène avec un rictus qui fait froid dans le dos. Richard résiste mollement.
“Je ne suis pas un sadique, merde! Qu’est-ce que c’est que ce merdier?
-“Elle pas merdier! Elle aimer faire l’amour comme ça! Elle toujours vouloir être violée! Toi pas la trouver belle?”

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Alphonse Petitbois dit Alpha

C’est lui qui raconte, tel le docteur Watson, les aventures de son Sherlock Holmes. Sauf qu’il s’agit d’une détective et que les scènes se passent de nos jours, dans le pays niçois.
Mais qui est ‘Alpha’ ?
SDF impénitent, clochard par goût et grand poète devant l’éternel, Alphonse Petitbois est un monument d’originalité. Ancien professeur à La Sorbonne, il a décidé, après un ‘burnout’ dont il ne s’est jamais remis de s’abonner au soleil permanent et de couper tous les ponts avec son passé parisien. Le jour, il hante le port de la Métropole, à la recherche de touristes susceptibles d’écouter ses poèmes. La nuit le retrouve sous le couvert des arbres du Mont Boron ou dans les arènes de Cimiez qu’il squatte volontiers. Inquiet de rien, curieux de tout, il offre souvent ses renseignements à l’agence White, Julien lui ayant sauvé mainte fois la mise auprès de la police locale.
Son surnom d’Alpha, c’est lui-même qui se l’est adjugé, prétendant qu’il était parfaitement digne de représenter la première lettre de l’alphabet grec. Cela lui donne l’impression d’être à l’avant-garde en permanence.
Sans âge et sans attache, Alpha est une énigme. Il reste très discret sur son passé. Son érudition et sa façon de s’exprimer forment un contraste saugrenu avec sa mise et son état de vagabond. Il est à la fois l’homme de l’ombre de l’agence et l’ami confidentiel de JO. Lui seul sait si bien lui parler de Julien et lui remonter le moral lorsque la vie devient trop grise.
Il sait également, mieux que quiconque, raconter les histoires de sa détective de charme en les édulcorant un peu pour les rendre à son goût : croustillantes parfois, savoureuses souvent et toujours assaisonnées d’à peu près, de second degré et de mauvais jeux de mots.

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